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Libre propos de Jean-François Isambert - Secrétaire Général de l’AGPB, administrateur de Fert

L'agriculture familiale, une solution à la faim dans le Monde

logo-FertLe 27 novembre dernier avait lieu, à Manille, la clôture de l’Année Internationale de l’Agriculture Familiale. Evènement peu relayé par les médias car les Philippines sont bien loin… et on ne parle de ce pays que lorsqu’il y a des typhons : Haiyan fin 2013, Hagupit ces jours ci.
Et pourtant, les Philippines c’est un archipel de 7000 îles, 100 millions d’habitants (dont près de 20 millions dans la capitale, Manille), un PNB qui avoisine les 98 milliards de dollars et qui repose essentiellement sur l’agriculture, un fort taux de croissance (environ 8%).
L’année 2014 a eu le mérite de mettre en lumière l’agriculture familiale, c’est-à-dire la forme dominante de l’agriculture puisque sur les quelques 570 millions d’exploitations agricoles dans le monde, 500 millions sont des exploitations familiales (soit près de 88%) et produisent plus de 80% de l’alimentation. En ce sens, comme l’a dit Mme Marcela Villarreal de la FAO, « l'agriculture familiale est une partie de la solution et non une partie du problème, de la faim dans le monde ».

Répondre au défi majeur de la sécurité alimentaire dans le monde

Mais la mise en lumière ne suffit pas. Les défis restent immenses pour permettre à ces millions d’agriculteurs de vivre dignement de leur métier, nourrir leurs familles, approvisionner leurs pays et finalement répondre au défi majeur de sécurité alimentaire dans le monde.
Il s’agit d’abord de sécuriser l’accès à la terre, à l’eau et aux autres ressources naturelles.
Il faut par ailleurs développer les infrastructures en zones rurales et plus généralement investir dans l’agriculture et l’agro-alimentaire de façon responsable.
Il faut des formations adaptées pour les jeunes et des mesures attractives pour leur donner envie d’exercer le métier d’agriculteur.
Enfin, et sans que la liste soit exhaustive, il est essentiel et urgent de promouvoir dans tous les pays des politiques agricoles en faveur de l’agriculture et du développement rural au sens large.
Comme l’a dit Ibrahim Coulibaly du réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles d'Afrique de l'Ouest (Roppa), « l’Année internationale de l’agriculture familiale est un processus qui ne prendra fin que lorsque les droits des agriculteurs seront reconnus ».

Les agriculteurs, entrepreneurs responsables du développement

Heureusement les agriculteurs n’ont pas attendu l’année internationale de l’agriculture familiale pour prendre en charge leur développement. Sur tous les continents et quel que soit leur niveau de vie, ils sont, sur leurs exploitations, des entrepreneurs responsables du développement de ces dernières dans le respect de leur environnement, le sol, l’eau, et l’air, qui sont autant de ressources dont ils ont besoin.
A l’échelle de leurs villages, communes, régions ou pays, ils ont par ailleurs su s’organiser et créer, avec d’autres, des organisations professionnelles à même de leur apporter les services permettant de résoudre leurs problèmes, qu’il s’agisse d’accès au crédit, de formation, de sécurisation foncière, d’accès au marché... Ces organisations ont aussi pour fonction de leur permettre de peser sur la définition et la mise en oeuvre des politiques publiques.
Accompagner les organisations professionnelles agricoles dans les pays en développement ou émergents, en partageant l’expérience d’organisations professionnelles agricoles françaises ou européennes, est la mission d’agri-agences comme Fert, proche des organisations céréalières françaises, ou Afdi créée par les principales organisations agricoles françaises.

AgriCord, réseau international d’agri-agences

Fert et Afdi sont, toutes deux, d’une part membres fondatrices d’AgriCord, réseau international d’agri-agences qui était fortement représenté à Manille le 27 novembre dernier, avec des responsables européens, africains, latino-américains et asiatiques ; et d’autre part membres de l’association ECFM (Ensemble Contre la Faim et la Malnutrition) créée récemment en lien avec des associations similaires dans plus de 50 Pays et avec les organisations des Nations Unies : la FAO (Food and agriculture organisation), le PAM (Programme alimentaire mondial), et le FIDA (Fonds international de développement agricole).